Discrimination à l'égard des travilleurs etrangers

     

Faisons fortune sur le dos des travailleurs étrangers

Par: Sharon Qantour

Source: www.walla.co.il

Israeli commentaire

10/3/2005

La radio de l'armée israélienne a indiqué ce matin (jeudi 10/3/2005) que la Commission des Affaires sociales de la Knesset avait approuvé en seconde et troisième lectures un article de la Loi des règlements relatif aux frais d'expulsion des travailleurs étrangers. Dorénavant, l'Etat n'assumera plus ces frais, et c'est l'employeur qui s'en chargera s'il est présent, ou à défaut le travailleur expulsé lui-même.

Mais ce n'est pas tout. Car suite aux questions des responsables de l'organisation Kav Laoved (organisation de défense des droits des travailleurs), les faits suivants ont été révélés : « la loi qui oblige le travailleur étranger à payer le billet de son expulsion est en vigueur depuis des années, et ce que la Commission des Affaires sociales, qui est censée comme son nom le laisse entendre réaliser le bien-être des gens, a apporté de nouveau, c'est le fait que ce sera désormais le travailleur qui devra supporter les frais de sa détention si elle a lieu. Des frais qui peuvent atteindre pour une seule journée en cellule israélienne 268 shekels. Avec une telle somme, il aurait été possible de les envoyer dans un club de Galilée. Une détention qui est prolongée dans le cas où l'Etat, qui n'est pas prêt à payer, est obligé de lui délivrer un nouveau passeport si l'ancien a été confisqué illégalement par l'employeur.

Et si nous voulions recourir à des métaphores faciles – bien qu'en réalité, nous n'en ayons pas envie – nous dirions que l'Allemagne aurait pu de la même façon envoyer au ministère israélien de l'Intérieur les factures de gaz utilisé dans les chambres à gaz, ou qu'Israël aurait pu faire supporter à l'Etat palestinien les frais des balles tirées, ou demander aux veuves de payer les dépenses de pendaison. Mais en réalité nous n'en avons pas envie. Car l'injustice est suffisamment flagrante pour ne pas avoir besoin de ces comparaisons.

La nouvelle loi affirme donc que l'Etat ne supportera plus les frais d'expulsion. L'Etat se dérobe aux responsabilités qui pèsent sur ses épaules morales, mais l'Etat n'a pas d'épaules. Mais les travailleurs, eux, en ont. Et des épaules physiques qui supportent l'essentiel du fardeau du travail matériel dans cet Etat qui se débarrasse d'eux.

Si l'Etat désire se dérober à ses responsabilités concernant les frais à payer en faveur des travailleurs étrangers, alors pourquoi ne se passe-t-il pas aussi de leur travail : peut-être ne devrions-nous pas habiter dans des maisons qu'ils ont construites ou nous abstenir de manger les légumes qu'ils ont plantés ? Démolissons donc les maisons qu'ils ont construites et débarrassons-nous de ces produits de la terre qui ont poussé chez nous illégalement !

Comme d'habitude, ce qu'on appelle l'« Occident » refuse d'honorer ses obligations matérielles et économiques vis-à-vis de l'« Orient ». Des mesures comme l'expulsion, comme nous le savons, ne représentent pas en réalité une tentative de « limiter le phénomène des travailleurs étrangers », mais un moyen de plus d'investir davantage d'argent dans ce cadre : car les travailleurs qui sont expulsés aujourd'hui libèrent de la place pour ceux qui viendront demain, pour être eux aussi expulsés après-demain, et en payer le prix. Et ainsi de suite. Et tout cela se fait conformément au droit, mais pas au droit humanitaire.

Deux lecteurs ont eu raison en commentant ce sujet. L'un d'eux s'est ainsi demandé ce que ferait l'Etat si le travailleur n'était pas capable de payer les frais de son expulsion « ou de son emprisonnement » : va-t-il s'abstenir de l'expulser s'il ne trouve pas quelqu'un pour payer ? Et l'autre a affirmé : « Les travailleurs étrangers ne font pas le travail que les Israéliens ne sont pas prêts à faire, mais ils font le travail que les Israéliens ne sont pas prêts à faire pour un salaire modeste ». Si la loi était effectivement appliquée à ceux qui la violent, c'est-à-dire les employeurs, et non pas aux travailleurs, ces employeurs seraient contraints d'augmenter les salaires et d'améliorer la situation des travailleurs en la mettant au niveau des normes locales. C'est un problème d'argent. Et comme on disait au milieu du dix-neuvième siècle, il en va de la traite des humains comme du commerce des marchandises.

Commentaires:

De Bye :

J'en ai assez de la corruption chez nous, je vais quitter Israël.

 

De Roni :

Ils écrasent les faibles.

 

De R. :

Bibi (Benyamin Netanyahou) applique le plan de désengagement entre l'Etat et les citoyens.

 

D'Amram A., membre du Likoud :

L'Etat se débarrasse de ses citoyens.

 

De D. D. :

Israël est comme l'Afrique du Sud raciste.

 

De Gogui :

Il ne reste plus beaucoup de temps à l'Etat.

 

De A. G. :

Israël est devenu un Etat mauvais. Et le frère dévore son frère.

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